Les coliques

Le terme « colique » signifie une douleur d’origine abdominale; elle peut donc concerner le système digestif, le système urinaire, le système génital
 
Nous allons aborder ici les coliques d’origine abdominale, celles que l’on rencontre le plus fréquemment.
 
La topographie du système digestif du cheval et son alimentation différente de celle en conditions naturelles prédispose le cheval aux troubles digestifs. En effet, les intestins sont très mobiles dans la cavité abdominale, et le mode de vie du cheval domestique est peu compatible avec une alimentation à l’herbe, en continu et toute l’année.
Les signes qui doivent vous alerter et appeler votre vétérinaire sont les suivants :
 
  • Des signes de douleur : gratte le sol, se regarde les flancs, se couche, se roule, parfois jusqu’à se blesser
  • Un rythme respiratoire et cardiaque augmentés (inconstant)
  • Une dilatation abdominale (inconstant)
  • Peu ou pas de bruits digestifs
  • Une diminution ou une absence de crottins
  • Les gencives très pâles ou au contraire foncées (rouges)

Les origines de la colique digestive

Estomac :
  • Ulcères : coliques récurrentes, survenant souvent apres les repas, associées ou non à un amaigrissement
  • Dilatation stomacale par reflux : secondaire à un désordre d’origine intestinal; provoque des coliques sévères et nécessite une intervention rapide car l’estomac du cheval est très petit (10-15L) et ne supporte pas une grande dilatation
Intestin grêle
  • Volvulus : l’intestin fait un tour complet sur lui même et provoque un arrêt circulatoire dans la portion intestinale, et sa nécrose. Les signes de coliques sont sévères, et l’intervention chirurgicale est nécessaire.
  • Entrappement d’une portion d’intestin dans une cavité ou autour d’une structure: provoque aussi un arrêt circulatoire, plus insidieux que le volvulus. L’intervention chirurgicale est presque toujours nécessaire.
  • Intussusception : une portion d’intestin grêle rentre dans une autre portion d’intestion grêle à l’image d’une chaussette. La colique est insidieuse et peut perdurer plusieurs semaines. Elle est souvent associée à un fort parasitisme. Sa prise en charge est souvent chirurgicale.
Gros intestin
  • Stase du caecum : le caecum est atone. Nécessite une prise en charge médicale
  • Déplacement de côlon: le côlon n’est plus à sa place physiologique et entraîne des perturbations dans le transit. Nécessite une prise en charge médicale, et parfois chirurgicale.
  • Torsion de côlon : le côlon se tord entre 180 et 360° et provoque une arrêt circulatoire. Les signes de coliques sont sévères, et l’intervention chirurgicale est nécessaire. C’est la colique la plus fréquente chez les poulinières dans le mois suivant le poulinage
  • Impaction : des matières fécales s’accumulent dans une portion du côlon. La prise en charge est médicale.

 

A l’examen initial (examen général, palpation transrectale, échographie abdominale, reflux naso-gastrique) votre vétérinaire va tenter

  - de trouver l’origine de la colique

  - de mesurer sa gravité sur la santé de votre cheval et de vous donner un pronostic

  - de la traiter médicalement soit sur place à l’aide de perfusions et de paraffine, soit en clinique pour un suivi plus rapproché; ou bien chirurgicalement.

Au plus rapide la colique est détectée et prise en charge, au plus les chances de succès sont élevées.

La prise en charge chirurgicale nécessite une vraie réflexion car elle n’est pas toujours synonyme de succès. Les répercussions métaboliques et vasculaires sur l’organisme du cheval, les risques anesthésiques et les risques de complications post-opératoires doivent être discutés avec votre vétérinaire qui vous guidera au mieux dans votre prise de décision.